Les jOjO de GiTE

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Michael Jackson
Jean Paul Gaultier
Bob Marley
Karl Lagerfeld & Choupette
Coco Chanel
Iris Apfel
Albert Einstein
J'ai eu la chance de rencontrer Hervé Le Meur, qui a accepté de me "critiquer" en portant son regard de philosophe sur une partie de mon "oeuvre", la série des JoJo ... Voila comment il se présente:

Je ne suis qu'un humaniste, de formation en sciences dures, qui n'aime rien tant que d'écouter des arguments et des opinions. La plupart de mes centres d'intérêt tournent autour de la philosophie et la relation à l'Autre. Mes auteurs préférés sont Gunter Anders, Hannah Arendt, Jacques Ellul, Georges Bernanos, Ivan Illich, Christopher Lasch, Georges Orwell, Alexis de Tocqueville, ... Tous parlent de la place des humains quand ils sont cernés par des machines et de la non neutralité de la technique ... 

L'ETRE et le PARAÎTRE

" Des formes arrondies, un rendu lisse et pourtant, quelque chose de premier, de primitif se dégage de ces sculptures. Là où Koons ne montre que le lisse, sans accroc, bref l'industriel et voudrait distiller la matière pour ne plus en garder que son côté simple et infantilisant, GITE montre la complexité dans sa série des Jojos.
Elle choisit les plus grands dans le monde de l'art, de la mode et des sciences pour n'en extraire que quelques traits et rappeler que même et peut-être surtout, ceux qui pourraient finir par se confondre avec l'image qu'on se fait d'eux, conservent un ancêtre commun avec le singe. N'est-ce pas justement cette image d'eux, ce spectacle d'eux, qui pourrait finir par prendre le pas sur leur existence qu'elle pointe ? Comme le disent G. Debord et G. Anders, mais aussi C. Lasch, quand le spectacle de la personne finit par être plus important que la personne, elle risque de préférer sa propre image. C'est ce que dénonce C. Lasch quand il reprend le mythe de Narcisse qui n'est pas celui qui est "tombé" amoureux de lui-même. Lasch explique que ce mythe ne dénonce pas les pièges de l'amour, mais les pièges de la confusion entre l'être et son image. Entre l'essence et l'apparence. Entre l'être et le spectacle de l'être. Entre l'être et l'avoir ...
S'arrêter ici serait ne pas voir que, non manichéenne, elle veut rappeler que ce n'est pas seulement le singe, mais bien le gorille qu'elle représente. Qu'est le gorille ? Un végétarien super puissant, mais aussi un animal sauvage. Et c'est son caractère sauvage qui rappelle que le siège de la Force est à trouver dans ce passé, aussi lointain soit-il, que nous avons tous en commun avec le gorille, qui fait remonter à un état de nature certes incompatible avec le spectacle, mais qu'il faut accepter.
C'est de cette double affiliation, tant à la nature (l'être) qu'à la culture (le paraître) que s'adresse GITE. Autant pour les romains, la bonne nourriture était les végétaux cultivés, bien sagement dans les champs. Pour les barbares, c'était la viande, la plus sauvage possible, chassée dans la forêt. Deux mondes s'opposent ici : la culture et la nature. Il s'agit uniquement ici de rappeler cette nature duale de l'humain, tout humain. Avec tendresse pour cette double affiliation.
Vaste programme pour notre société ! "
Hervé le Meur